Avant d'être enceinte d'Arthur, on a beaucoup discuté chéri et moi, enfin surtout moi car mon expérience avec Théo me permettait d'avoir le recul pour appréhender ce nouveau bébé que l'on souhaitait avoir. On a parlé, entre autres choses, de l'allaitement. J'ai toujours des regrets de n'avoir pas pu allaiter Théo comme je le voulais, d'avoir du passer à l'allaitement mixte pour finalement me résoudre à ses 6 mois, à ne plus lui donner que du lait infantile (en complément des purées et compotes qu'il commençait à prendre), car il s'énervait au sein, pleurant et grognant...je ne voulais pas le forcer à continuer, alors je l'ai laissé se sevrer. Ca m'a fait mal...c'est vrai qu'à ce moment-là je manquais de confiance en moi, je n'étais pas dans des conditions de vie épanouissantes (colocation avec mon ex, une très mauvaise expérience) et je n'avais personne dans mon entourage qui avait allaité pour me conseiller, pas de soutien donc...

Alors pour Arthur, je voulais retrouver le chemin de l'allaitement et réussir, cette fois, à surmonter les obstacles. La première tétée s'est passée tout naturellement juste après l'accouchement, je savais que j'avais déjà du colostrum car mes seins étaient tendus durant toute ma grossesse, monsieur en a profité pour me faire pipi dessus, deux fois...(il a d'ailleurs gardé cette habitude pendant plusieurs semaines, grr !) Et puis, au bout de quelques jours, les méchantes crevasses sont arrivées, j'ai essayé de les contrer avec de la lanoline et en mettant quelques gouttes de mon lait sur mes seins, mais rien n'y a fait, c'était de plus en plus douloureux à chaque tétée et une dizaine de jours après l'accouchement, j'ai craqué ! J'ai tiré mon lait (j'avais demandé une ordonnance pour un tire-lait à la maternité) et je lui ai donné au biberon, j'ai pleuré toute la journée, je ne voulais pas lui donner de biberon, je ne voulais pas qu'il s'y habitue et qu'il ne veuille plus téter...quand chéri est rentré du travail, il n'a pas été très tendre en me disant que j'aurais du lui en parler, lui dire à quel point j'avais mal et qu'on aurait sûrement pu faire autrement. Ca m'a culpabilisé encore plus, ça m'a fait pleuré encore plus...Et puis on est parti quelques jours pendant le réveillon du jour de l'an chez ses parents, avec le bébé, le biberon, et bien sûr le tire-lait ! Un tire-lait Kitett.

 

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J'utilisais donc ce tire-lait aussi souvent que je le pouvais, longtemps, très longtemps...pour arriver à remplir un biberon de 90 ml. Sauf qu'Arthur l'engloutissait bien plus rapidement que je ne tirais, et que mes crevasses empiraient, moi qui était certaine qu'elles guériraient si je ne le mettais plus au sein pendant quelques jours. J'ai du me rendre à l'évidence, je n'avais pas un tire-lait adapté pour moi, ou alors c'était un engin de torture. Je passais du temps à tirer mon lait, je me levais plusieurs fois dans la nuit pour le faire, mes crevasses empiraient et on avait constamment peur qu'Arthur réclame plus que ce que j'arrivais à tirer, j'étais fatiguée, stressée, ça ne pouvais pas durer. Chéri a pris la décision (en m'en parlant avant, lui) pour notre bien à tous les trois, d'aller acheter du lait infantile dès l'ouverture du supermarché le plus proche de chez ses parents, je l'ai juste conseillé sur la marque, je n'avais pas d'opposition à émettre, je savais qu'on n'avait pas le choix même si je redoutais ce moment. Je savais que ma lactation allait baisser...et je devais aussi laisser guérir mes seins en tirant de façon plus douce mon lait, à petite vitesse, sans insister. Arthur prenait un biberon sur deux avec mon lait, donc un biberon sur deux de lait infantile, c'était énorme, ça me faisait peur, mais le soir il ne voulait s'endormir qu'au sein. Je m'aidais de mes "bouts de seins" en silicone, ça atténuait un peu la douleur lors des tétées.

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Et puis on est rentré à la maison, je suis allée me renseigner à la pharmacie pour un autre tire-lait, j'avais déjà des embouts pour certaines marques et j'ai demandé au pharmacien un tire-lait Ameda, il ne connaissait pas, je lui ai dit que je reviendrais avec l'embout et qu'il trouverait sûrement le modèle. Entre-temps j'ai ressorti le tire-lait manuel que j'avais acheté lorsque j'allaitais Théo, un Avent que je n'arrivais pas à utiliser à l'époque. Je l'ai essayé, rien à voir avec le Kitett, pas de douleurs et j'ai plutôt bien tiré. J'ai finalement décidé de m'en contenter, même si je devais apprendre à le manipuler.

 

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Les crevasses se sont estompées, Arthur buvait toujours autant mais réclamait plutôt le sein, il pouvait grogner après le biberon et on comprenait facilement que ce n'était pas ce qu'il voulait. Je le mettais de plus en plus souvent au sein, lui qui commençait à faire ses nuits se réveillait à nouveau pour téter, mon lait se digérant plus rapidement que le lait infantile, il avait plus vite faim. Et puis à un moment il s'est énervé sur le "bout de sein" en silicone, je lui ai fait confiance et je l'ai retiré, ça ne me faisais pas mal et c'était plus agréable sans. Mais après quelques jours elles sont revenues, ces maudites crevasses ! Alors on remet le "bout de sein", on se badigeonne plus que jamais de lanoline, et on grince des dents car ça fait mal, mais moins qu'au tout début. Depuis environ 5 jours, Arthur ne prend plus de biberons, il boit exclusivement mon lait, j'en suis heureuse, j'ai la chance d'avoir un bébé qui préfère le sein, ça aurait pu se passer autrement...mais aujourd'hui j'ai toujours des crevasses et quand elles saignent Arthur vomit un peu, un bébé ne digère pas le sang, ce n'est pas tellement dérangeant, même si à chaque fois ça me fait peur car je me dis qu'il saigne quelque part (je regarde aussitôt mon sein et je suis vite rassurée, "ah non, c'est moi qui saigne, ouf !"). La semaine prochaine, j'ai un rendez-vous à la PMI, je leur demanderai conseil pour en finir avec les crevasses, je crois qu'une consultante en lactation fréquente les locaux, j'espère qu'elle pourra m'aider.

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Joyeux 2 mois mon bébé !